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L’équipe et les occupants, déjà un mois de cohabitation au Carré Magique

jeu 15 Avr 2021 - Mariane Gauthier

Scène ouverte du Jeudi 15 avril 2021 © Enora Morizo

Depuis le mois de mars, le Carré Magique à Lannion, est occupé par des syndicalistes et intermittents, tout comme plusieurs lieux culturels en France. Cette occupation du théâtre lannionnais s’inscrit dans un mouvement de lutte sociale nationale. Historiquement, le premier théâtre à avoir été occupé, c’est l’Odéon, qui depuis mai 68, reste un symbole de lutte culturelle et sociale.

Durant cette semaine, nous, étudiants, avons pu échanger avec les occupants et l’équipe du théâtre. Parmi eux, Ronan Bléjean, accordéoniste professionnel, nous a confié son ressenti sur la situation actuelle qui touche de nombreux français : « Notre lutte est sociale, et ce qu’on demande aux pouvoirs publics quand ils viennent ici, c’est le regard collectif. Ce qu’il se passe ici avec cette lutte, c’est notre caisse de résonance. »

Pour beaucoup, le Carré Magique est un outil de travail, il est un symbole pour les intermittents du spectacle. « Aujourd’hui, on est une centaine de théâtres occupés en France. Depuis la pandémie, les mouvements sociaux sont mis sous cloche, voire carrément invisibilisés. Et on s’est retrouvés sans l’avoir prévu, être le fer de lance des mouvements sociaux en France. » nous confirme Ronan. 

Le mouvement ne s’adresse donc pas aux seuls intermittents du spectacle militants, mais bien à tous les professionnels pour lesquels la crise sanitaire a affecté leur vie professionnelle. « C’est pour ça qu’on ne veut pas qu’elle soit conditionnée uniquement sur nos métiers, même si on a des revendications, mais en gros, sur les gens qui sont en lutte ou en souffrance. »
À Lannion, de nombreux enseignants et soignants se sont déplacés au Carré Magique pour soutenir les occupants.

En interne, l’équipe du Carré Magique s’est intéressée au mouvement des occupants et à leurs revendications. Ils se sentent tous concernés par la situation actuelle. Pour Philippe Le Gal, le directeur du Carré Magique, il existe une véritable dynamique dans les échanges entre les occupants et l’équipe. Dans le milieu règne une certaine méconnaissance du travail de chacun. « Souvent les artistes en résidence, quand ils nous voient travailler, quand on est en réunion, ils se disent “Mais vous n’arrêtez pas !” Mais oui, on n’arrête pas. Parce que la saison, c’est le principe de l’iceberg. C’est ce qu’on voit. Mais il y a tout le reste qu’on ne voit pas, qui est sous le niveau de la mer, et c’est important, c’est même ce qui est le plus important. Ce sont les résidences, ce sont les ateliers, ce sont les entretiens, les idées, les discussions que l’on peut avoir avec les artistes. C’est une ruche, un théâtre. » s’exclame Philippe Le Gal. Il s’agit d’une situation inédite mais riche en expériences pour tout le monde. Aujourd’hui, les objectifs de chacun se croisent, et ce qui importe, c’est que les artistes travaillent.

L’occupation du Carré Magique a relancé le débat, sur la réouverture des lieux culturels, mais aussi sur la réforme du chômage qui nuit gravement aux professionnels du milieu culturel (artistes, techniciens.nnes, maquilleur.ses-coiffeur.ses perruquier.es, etc).

Ronan BLÉJEAN
Secrétaire adjoint du Syndicat de Bretagne des Artistes Musiciens-CGT

Philippe LE GAL
Directeur et programmateur du pôle national arts du cirque en Bretagne Carré Magique

Vous pouvez retrouver les occupants qui vivent au Carré Magique en cliquant ici et sur leurs réseaux sociaux Facebook et Instagram.