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Le monde de l’art s’alarme du diktat de Bercy

ven 8 Juin 2018 - Mariane Gauthier

À Paris, le 6 juin 2018

COMMUNIQUÉ

Le ministère de l’Action et des Comptes publics a décidé d’appliquer un gel de précaution de 3% sur le budget 2018, dont celui de la culture. Il semblerait que la levée de ce gel ne soit pas envisagée avant la fin de l’année, après étude finale de l’équilibre général du budget de l’Etat.
Malgré les engagements du président de la République à ne pas diminuer le budget de la Culture, l’ensemble des structures labellisées et des compagnies indépendantes est donc finalement bel et bien menacé d’une baisse de 3% de ses moyens de création et de fonctionnement.
Si l’application d’un gel de précaution n’est pas une nouveauté, il est sans précédent que le gouvernement refuse de le lever au cours du premier semestre de l’exercice. C’est un comble pour un gouvernement qui revendique sa volonté d’encourager l’esprit d’entreprise, de paralyser par de telles mesures les capacités de projection et d’investissement de tout un secteur public.
Ces quelques vingt millions d’euros de gel commencent déjà à peser sur les structures les plus fragiles, menaçant sérieusement leurs fonctionnements et amputant la capacité des compagnies indépendantes et des scènes labellisées à projeter leurs activités à la rentrée. Sans levée de ce gel, ne doutons pas que cette mesure dite de « précaution » aura à très court terme des conséquences catastrophiques. Des emplois seront menacés dès la rentrée, des déficits structurels seront inévitablement provoqués, des actions en direction des publics (et notamment des publics scolaires) seront nécessairement supprimées…
Au-delà du non-respect de l’engagement présidentiel à protéger le budget de la Culture, nos associations se disent préoccupées sur le fond, par une tension toujours croissante qui s’exerce, année après année, sur l’ensemble des équipes (directions comme salarié.e.s permanent.e.s et intermittent.e.s) employées par les structures culturelles publiques.
L’exigence est au coeur de nos métiers et de nos projets au service des artistes et des citoyens. Ensemble, directions, artistes et salarié.e.s de ces structures, sommes au quotidien les acteur.trice.s engagé.e.s et solidaires du développement d’une seule et même politique culturelle sur le territoire français. La qualité de cet engagement est souvent méconnue par le pouvoir central.
L’affaiblissement matériel et symbolique qui frappe nos structures génère mécaniquement une lente dégradation des conditions de l’exercice de nos métiers et de nos missions. La culture n’est malheureusement pas une exception, et nous faisons ce même constat pour l’ensemble des secteurs publics. Nous partageons ainsi avec l’hôpital, l’université, l’école ou encore la justice, une situation de grande fragilité, dont les effets se lisent jusque dans le fonctionnement concret des établissements dont nous avons la charge.